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Ville de Limoges

Emile Roger Lombertie, Maire de Limoges

PORTRAIT ERL

Limoges est le chef-lieu du département de la Haute-Vienne situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. La ville était le chef-lieu de la région historique Limousin. En 2015, la ville comptait 133 627 Limougeauds ce qui la place au niveau des villes moyennes de France.

Le maire sortant Emile-Roger Lombertie a été élu en 2014. Aujourd’hui, comme toutes les communes en France, Limoges est confronté à la crise sanitaire liée au Covid-19. La commune doit donc s’adapter à cette nouvelle façon de vivre et envisager de nouvelles pratiques sociales et commerciales.

Cette crise sanitaire nous impose une réappropriation de l’espace public avec la modification des usages et des normes sociales

Mesures prises par les élus durant la crise :

  • L’objectif premier des élus locaux a été de protéger la santé, les ménages les plus faibles et l’économie de la ville
  • Le port du masque a été lancé rapidement et il sera certainement rendu obligatoire sur les lieux des marché
  • Le maire a souhaité ouvrir les marchés qui constituent un soutien considérable aux producteurs locaux et qui est une locomotive du centre-ville
  • Un soutien a été instauré concernant les drives alimentaires et les drives des librairies. En effet les commerçants se sont organisés dès le début du confinement pour prendre des commandes et faire des drives et/ou des livraisons
  • Dès le début du confinement tous les paiements en rapport aux usages commerciaux de l’espace public, comme les terrasses et les places de marchés, ont été annulés pour éviter d’affaiblir davantage les commerces

Une réorganisation de l’espace public :

Le maire a voulu réaménager l’espace public et notamment les lieux en centre-ville pour respecter à la fois les gestes barrières et conserver une certaine vitalité du cœur de ville :

  • Le stationnement :
  1. Tout le cœur de ville a été mis en zone apaisée limitée à 20 km/h pour faciliter les déplacements piétons, vélos et voitures ainsi que les livraisons
  2. A partir du 18 mai le parking payant sera remis en place pour qu’il y ait un roulement de la population et que les gens puissent faire leurs achats en centre-ville. Mais pour les professionnels de la santé, le maire a insisté pour qu’ils puissent bénéficier d’un stationnement gratuit pour faciliter leurs visites médicales en centre-ville et également faire leurs courses
  • Circulation des vélos :
  1. Les axes de vélo vont être disciplinés et leurs capacité d’accueil va accroître. Néanmoins ces nouveaux axes ne doivent en aucun cas gêner les axes des voitures et des piétons pour garantir la sécurité et la facilité de mobilité de chaque usager
  • Soutien aux commerces :
  1. Les rues piétonnes du centre-ville étant assez larges, le maire a donné la possibilité aux commerçants de sortir une partie leurs marchandises dehors à condition de respecter les gestes barrières et de ne pas générer des attroupements de population
  2. Tout ce qui peut être mis en œuvre pour soutenir les commerces est une priorité pour la commune et c’est dans ce cadre qu’un dialogue permanent s’effectue avec les Chambres de commerces et d’industrie et les Chambres Consulaires. Le maire se dit d’ailleurs très favorable aux marchés de producteurs qui entraîne une forte dynamique des achats pour l’ensemble de la population
  3. La phase de déconfinement redonne la possibilité à la mairie de célébrer les pacs et les mariages dès le 2 juin. Ces célébrations représentent une véritable aubaine pour l’économie locale et notamment pour les commerces d’habillement

Une nouvelle façon de penser le centre-ville et les commerces de bouche :

  • Dans le cadre du programme Action cœur de ville, il faut continuer toutes les rénovations en centre-ville afin d’entretenir les mouvements de personnes et le bonheur d’aller en ce lieu. Le maire essaye aussi d’associer le plus possible les commerçants à l’aménagement du centre-ville et des rues notamment par le choix et l’installation de verdure qui contraste avec la pierre blanche de Limoges en apportant de la chaleur et de la couleur.
  • Cette crise sanitaire nous impose une réappropriation de l’espace public avec la modification des usages et des normes sociales. Pour éviter leurs faillites, les commerçants sont donc associés à la mairie pour conceptualiser les espaces en ville afin de les rendre attrayants pour les usagers. C’est pourquoi la commune accélère la mise en place de sièges en bois et céramique en centre-ville car ils permettront aux gens d’acheter à manger dans des restaurants ou des food-truck puis de consommer leurs repas dans des espaces dédiés et sécurisés.

Questions/Réponses :

  • Avez-vous observé une explosion du drive et de la livraison durant cette période de confinement ?

En effet la livraison et le drive ont été des moyens d’approvisionnements très utilisés pendant le confinement. Deux catégories sont à distinguer :

  1. Ceux qui se sont fait livrer les repas prêts et cela fait fonctionner les restaurants ;
  2. Ceux qui se sont fait livrer des produits frais auprès de producteurs locaux ;

Cette tendance va peut-être s’atténuer après le confinement, toutefois il y a intérêt à ce que les livraisons soient encore utilisées par les clients et les commerçants car la capacité d’accueil de ces lieux restera faible pendant quelques mois.

  • La crise vous a-t-elle permis de voir la ville autrement ? Les gens veulent-ils revenir dans des villes moyennes ?

Les migrations vers les villes moyennes sont un mouvement que j’ai pu observer depuis quatre ou cinq ans et surtout durant la crise des gilets jaunes. En effet, de nombreux manifestants se sentaient refoulés en périphérie de leurs villes, par exemple à Bordeaux, en raison de l’explosion des prix de l’immobilier. Et à cette relégation s’ajoute souvent un sentiment de déclassement important. Au contraire, à Limoges, les gens se disent ravis d’avoir acheté car la ville propose une haute qualité de vie et de services (hôpital, université…).

Sans vouloir être pessimiste, beaucoup de civilisations se sont effondrées au moment d’une hyper urbanisation et le COVID-19 a révélé les problèmes que peuvent entraîner les lieux densément peuplés. Cette observation s’appuie également sur les nombreuses migrations de Paris vers la campagne durant le confinement. De plus, les gens qui ont été confinés dans un appartement de 30-40 m² ont été amenés à repenser leur cadre de vie.

Paradoxalement, les villes françaises ont besoins d’être redensifiées pour faire revenir des habitants en centre-ville et arrêter de grignoter sur les espaces ruraux et agricoles. Or la densification à la française n’est pas la même que la densification à la coréenne ou à la japonaise. En France, il faut réhabiliter et rénover les centres-villes avant de construire de nouveaux bâtiments.

  • Avez-vous vu augmenter le nombre d’habitants dans le centre-ville de Limoges ?

La ville a commencé et continue de développer les logements de haute qualité et je souhaite qu’il y ait un logement social mieux réparti et amélioré dans toute la ville. Nous travaillons aussi à faire revenir en centre-ville les familles de la classe moyenne voire de la classe moyenne supérieure.

Les logements refaits sont pleins mais dans le même temps nous avons été obligés de détruire des bâtiments. Nous ne savons pas vraiment si ces deux actions se sont compensées mais ce qui est sûr c’est qu’une vraie dynamique est mise en œuvre au niveau du logement. Par exemple les programmes de rénovation pour des bâtiments à l’abandon se vendent à toute allure ce qui est encourageant.

En somme :

La ville de Limoges se réorganise et se réinvente face à la crise sanitaire nationale tout en soutenant les petits commerces, les restaurants et bars qui sont particulièrement mis en difficulté. Les élus locaux s’engagent aussi pour maintenir un centre-ville dynamique et agréable pour les habitants où distanciation sociale ne rime pas avec l’écroulement des lieux de vie et d’animation.