MENU FERMER

LAET – Mathieu Gardrat

Mathieu Gardrat, Chercheur au LAET

laet

Le LAET (Laboratoire Aménagement Économie Transports) est un laboratoire de recherche spécialisé sur les questions de transports, mobilités et territoires, ancré principalement dans deux disciplines : l’économie et l’aménagement et urbanisme. Outre le CNRS, le LAET est rattaché à l’Université Lyon 2 et à l’école d’ingénieurs ENTPE, tous membres de l’Université de Lyon. Les chercheurs du LAET sont issus de disciplines aussi diverses que l’économie, l’aménagement et urbanisme, la gestion, la géographie, la sociologie ou la science politique.

Il y a les outils mais pas les compétences

Constat :

  • Un impensé dans la gestion quotidienne de la ville et dans la planification :
    Dans le processus d’aménagement urbain, l’acheminement des marchandises jusqu’au centre n’est pas pris en compte ce qui amène à des incohérences face aux politiques d’apaisement. En effet, on prend rarement en compte le fait que le commerce doit être approvisionné. La livraison des marchandises est une thématique refoulée et que les grandes villes ont confiée à des référents marchandises spécialisés. Le référent est très autonome, a un grand pouvoir sur sa thématique mais mis au ban du reste du processus d’aménagement.
    Le thème de la logistique urbaine n’est pas très vendeur sur le plan médiatique et politique ce qui contribue à un manque d’intérêt de la part des élus.
  • Distension logistique : éloignement des centres et densification
    Les centres urbains se densifient avec une augmentation des aménités, notamment dans les grandes villes. Pourtant les fonctions logistiques s’éloignent des centres. Les besoins de mobilité sont donc plus forts avec une dépendance accrue des territoires aux fonctions logistiques.
  • Une complexité :
    La difficulté consiste en ce que la thématique du transport des marchandises est beaucoup plus complexe à aborder que celle de la mobilité des personnes car elle englobe beaucoup de besoins, de métiers, de filières différentes.
    Il y a un retard important entre mobilité des personnes et mobilité des marchandises. La question des marchandises en ville est discutée depuis une quarantaine d’années mais la thématique n’en finit pas d’émerger.
  • Un manque de compétences politiques et des services techniques
    Il y a les outils mais pas les compétences. Des bureaux d’études peuvent aider à résoudre les problèmes mais il revient aux élus eux-mêmes et aux techniciens de tous bords de bien comprendre les enjeux de la logistique urbaine.

Les propositions :

  • Passer des expérimentations à la généralisation :
    L’expérimentation en logistique urbaine est un élément de marketing urbain, un élément exhibé. Le recours aux expérimentations pour des petits projets est une manière pour une collectivité de valoriser ses compétences. Cependant, ces expérimentations, si elles sont une source de connaissance et de savoir-faire, n’ont qu’un effet limité sur le système de la mobilité des marchandises et il est nécessaire de de pérenniser voir de généraliser les nouvelles pratiques vertueuses.
  • Fournir des indicateurs et des concepts :
    Pour que la logistique urbaine devienne un débat politique et technique, des banques de données et modèles existent (enquêtes TMV, TRM, VUL, bases INSEE, open data, modèle Freturb) mais sont peu utilisées et demeurent à mettre en cohérence avec les problématiques posées. Il est donc nécessaire de construire des indicateurs et concepts qui permettent de poser un débat pour les compétences et expériences variées des acteurs urbains.
  • Mettre en place des normes dans les documents d’urbanisme :
    De manière analogue au volet marchandises dans les PDU, il est nécessaire d’élargir le dispositif réglementaire aux documents d’urbanisme plus opérationnels (PLU notamment), tant dans l’occupation des sols que pour le bâti (ex : article 12 du PLU). Il s’agit de faire la transversale entre urbanisme, mobilité et aménagement.
  • Offrir des formations cohérentes par rapport aux besoins :
    Les différentes dimensions de l’aménagement urbain doivent être prises en compte pour rendre la mobilité des marchandises discutable. Il faut sensibiliser et former les acteurs urbains et plus particulièrement l’aménageur aux spécificités de la logistique urbaine.