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URBANiS

Caroline Randelli-Granier, Responsable de Développement Aménagement

urbanise

URBANiS est une société de conseils qui élabore et anime depuis 40 ans les opérations de réhabilitation de l’habitat privé ancien et des copropriétés, les politiques locales de l’habitat et opérations d’aménagement d’îlots anciens, formule dans le présent document des constats et des propositions pour l’avenir des centres des villes petites et moyennes.

Il faut imaginer sous l’égide de l’agence de la cohésion des territoires, un cadre de convention type baptisée « Villes Moyennes Revitalisées » (VMR) apportant de nouveaux volets afin de coopérer au travers d’une gouvernance transversale avec d’autres agences, Anah, ANRU, sur leurs volets spécifiques.

Constat :

  • Les facteurs de dégradation des centres des villes petites et moyennes :
    L’accélération récente de ces phénomènes déjà connus (perte de population, vieillissement, paupérisation, vacance, logements dégradés, et coût du foncier et paradoxalement de travaux trop élevés) conduit à une ghettoïsation du centre-ville et à une disparition de la centralité réelle.
    Cela traduit globalement une perte d’attractivité dans tous les domaines.
    Cela s’explique par certaines politiques publiques responsables d’un excès de patrimonialisation, ou d’un désintéressement de ce type de territoire, mais également par la lenteur des processus et la mauvaise coordination des acteurs.
  • Des facteurs d’amélioration des centres des villes petites et moyennes :
    Une nouvelle génération d’élus émerge, plus sensible à la survie du centre-ville et incarnée par la « révolte » d’associations d’élus leader.
    Un consensus des élus comme de la population autour de la nécessité d’une intervention sur le centre-ville. Vision européenne, dans le sens de la ville intégrée qui imbrique toutes les fonctions qui s’oppose à la ville américaine et asiatique.
    Le dedans comme le dehors, c’est-à-dire l’intérieur des bâtiments comme les espaces interstitiels du centre-ville doivent être repensés.
    De nouveaux publics sont intéressés : les ménages éclatés qui recherchent la proximité du centre-ville, une partie de la génération des 30/40 ans qui fait voler en éclats le modèle pavillonnaire, le troisième âge en demande de proximité et de produits adaptés.
    De nouveaux modes de vies avec les nouvelles formes de travail notamment, et de tourisme, avec la déferlante Airbnb, voient le jour.
    De nouvelles demandes pour que soient réinvestis ou créés des espaces publics qui permettent la vie à l’extérieur (possibilités de nouveaux usages).
    Pour permettre aux rez-de-chaussée de retrouver un usage, il pourrait être proposé d’inciter les initiatives privées à les réinvestir, pour des locaux communs par exemple, ou encore de réfléchir à l’ancrage physique du e-commerce.

Les types de dynamique :

  • Les moteurs de l’action
    L’urgence, associée à un constat de ghettoïsation du centre-ville et une perte de sa fonction de centralité.
    Un projet politique incarné par le maire sur un sujet « central » et enthousiasmant.
    Des dispositifs et des financements sous toutes leurs formes (subventions, prêts, recettes, programmes nationaux et/ou régionaux, etc.) motivent l’intervention publique.
    Les soutiens ne sont pas uniquement financiers, ils sont incarnés par des personnes qui viennent former l’équipe qui mettra en œuvre le projet politique
    Les élus et les acteurs auront alors à cœur de s’inspirer des exemples qui marchent, des villes qui ont réussi.
  • Les freins à l’action :
    Le manque de projet global et de stratégie va souvent de pair avec un manque de moyens financiers et humains.
    La complexité de la « nouvelle » gouvernance intercommunale génère la difficulté à bien délimiter les compétences de chaque collectivité et ne favorise pas la décision d’action.
    Le cloisonnement entre administrations, services de l’Etat et autres, et le travail en silos de chacun, y compris au sein des villes, obère souvent toute action.
    La peur d’agir demeure un frein essentiel et particulièrement compliqué à dépasser, un maire n’étant pas toujours prêt à risquer une sanction électorale.

Propositions :

  • Améliorer les indicateurs de connaissance de la qualité des logements et des prix :
    Mettre à jour les catégories cadastrales dans les 5 ans et évaluer finement la valeur des biens dégradés.
  • Tendre vers un patrimoine réveillé, vivant :
    Rendre accessible ce patrimoine pour tous, en l’utilisant comme une expérience sensorielle, une ambiance. L’article 11 des PLU encadre l’aspect extérieur des constructions, le faire appliquer serait gage de qualité architecturale tout en respectant le patrimoine.
  • Ne rien faire sans une vraie stratégie de projet adossée à une chefferie de projet
    Penser, organiser, partager toute action au sein d’une stratégie visuelle et globale compréhensible de tous.
    Nécessité d’un chef de projet politique représenté par le maire et d’un chef de projet technique.
    Agir sur un périmètre réduit en impliquant toutes les thématiques impliquées dans le projet.
    S’appuyer sur un financement spécifique de l’ingénierie pour concevoir ce type de petits projets, et permettre aux collectivités de se doter d’une AMO de suivi du projet et de la participation réelle des habitants.
  • Promouvoir et animer un cadre unique : les Villes Moyennes Renouvelées (VMR) :
    Imaginer sous l’égide de l’agence de la cohésion des territoires, un cadre de convention type baptisée « Villes Moyennes Revitalisées » (VMR) apportant de nouveaux volets, afin de coopérer au travers d’une gouvernance transversale avec d’autres agences, Anah, ANRU, sur leurs volets spécifiques.
  • Améliorer les dispositifs existants et cibler la qualité :
    Améliorer une boîte à outils déjà fortement dotée grâce à des retours d’expériences réussies des modes opératoires qui fonctionnent et passer du quantitatif au qualitatif.
  • Oser changer de paradigme pour le commerce et l’accompagner de décisions symboliques et rapides :
    Donner la priorité à l’aménagement du territoire, à l’environnement dans un souci de développement durable et non plus par rapport à un seul gain économique.
    Accompagner ce type d’action par :
    – un moratoire de 10 ans sur les règles d’accessibilité pour les professionnels de santé, voire les PME, au moins sur les sites à patrimoine remarquable et dans les conventions de Villes Moyennes Renouvelées ;
    – un moratoire sur l’implantation des commerces supérieurs à 1 000 m² qui serait levé dès l’approbation d’un PLUI ;
    – la création d’une taxe sur les commerces vacants.
  • Du numérique ! :
    Ne pas passer à côté des changements des modes de vie liés au numérique et par la même à son accessibilité.