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EIGSI

Dominique Breuil, Responsable Prospective et Développement à l’EIGSI La Rochelle

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L’EIGSI La Rochelle est une école d’ingénieurs en 5 ans formant des ingénieurs généralistes. La formation vise à concilier l’enseignement des techniques de l’ingénieur et la connaissance du monde industriel. Cette approche généraliste est complétée par une forte implication dans des projets et stages industriels ainsi que par le choix d’une dominante, renforcement « métier » conduisant les étudiants à mieux appréhender les spécificités d’un domaine technique.
Les travaux de recherche portent sur deux domaines la mobilité électrique tant au niveau des véhicules que des usages et les énergies renouvelables.

Il est nécessaire d’établir un cadre législatif, financier et règlementaire pour développer l’usage des véhicules électriques pour la livraison en ville et de les intégrer dans une stratégie globale de mobilité

Constat

  • Le principal atout : la réduction des pollutions et nuisances en centre-ville, mais aussi des gains économiques indirects sur les dépenses de santé grâce à l’électrique :
    Il a été calculé que si à Londres on avait 10% du fret électrifié, on gagnait un milliard d’euros de frais de santé par an (source projet FREVUE).
  • Une technologie suffisante pour les utilitaires mais à améliorer  pour les gros véhicules :
    Satisfait d’un premier achat d’un 18 tonnes électrique Heineken en a commandé deux autres pour effectuer ses livraisons à Rotterdam. L’autonomie est suffisante pour les tournées en ville à condition d’optimiser le routage. Les modèles économiques sont viables pour les petits véhicules (moins de 7,5t) mais pas encore pour les gros, le coût de possession décroissant au fil des ans grâce à une moindre usure, et en causant moins d’accidents. Un autre axe sur lequel il faut avancer concerne les bornes de recharge dans les dépôts pour les flottes.

Les propositions

  • Etablir un cadre législatif et financier :
    Outre l’exemption de taxes et de droits d’accès, le transport électrique de marchandises en ville doit bénéficier d’un soutien aux projets d’innovations. Ce soutien n’est pas forcément financier, par exemple les collectivités peuvent s’ouvrir aux projets de démonstration. Nous avons du mal en France à s’engager dans de telles expérimentations même si cela ne coûte pas d’argent aux collectivités.
    Des actions doivent également être menées auprès des assurances car les véhicules électriques sont trop taxés au regard des résultats positifs ; de même, les banques pourraient proposer des taux d’emprunts incitatifs.
  • Se doter de mesures règlementaires :
    A Milan entre 8h et 10h seuls des véhicules électriques sont autorisés à livrer dans le centre. De telles règlementations doivent être instaurées par les collectivités qui doivent aussi déterminer des standards vis-à-vis des véhicules électriques.
  • Avoir des informations adaptées :
    Les véhicules électriques et leurs possibilités sont peu connus. La formation des staffs dans les collectivités est nécessaire (de même que chez les vendeurs de véhicules).
  • Harmoniser les règles et être exemplaire pour les collectivités :
    Dans les SRADET, la prise en compte de l’électrique se fait encore attendre. Il y a besoin d’une harmonisation.
    Les collectivités doivent être exemplaires en s’équipant d’une flotte propre. Elles peuvent aussi bonifier l’utilisation de VE dans des appels d’offre ou imposer (progressivement) la livraison en électrique pour des cantines par exemple.
  • Opérer une intégration globale de l’électrique aux autres modes de transport :
    Il est très intéressant d’imaginer que des terminaux de tram-fret puissent être des terminaux de recharge pour des bus électriques et des camions. En raison de besoins de grande puissance, il est possible d’avoir au même endroit des recharges car il y a la puissance suffisante. Certaines villes donnent la priorité de recharge à des véhicules de livraison sur des stations à plusieurs utilisateurs (ex Stockholm).