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Club Déméter

Julien Darthout, Délégué général

darthout

Le Club Déméter est une association, initiée en 2002, qui regroupe un panel de parties prenantes de la chaîne logistique. Elle a pour objectif de développer des pratiques responsables par le biais d’expérimentations et de projets collaboratifs. L’association compte environ 40 membres. Les travaux de l’association portent tant sur la mutualisation, le report modal, la pénibilité dans les entrepôts, que la technologie véhicule ou le développement des compétences. Le Club réunit des industriels, des fabricants de produits, des prestataires de transport ou de logistique et des commerçants-distributeurs dans l’objectif de reconstituer ainsi une chaîne logistique de bout en bout. Des membres institutionnels viennent compléter ce panel.
La distribution en zone urbaine dense est un atelier actif de l’association. A ce titre, le cadre spécifique des livraisons en horaires décalées fortement investigué par le club Déméter est construit autour des cinq externalités négatives générées par le transport en zone urbaine : pollution, congestion, accidentologie, occupation de la voirie, pollution sonore.

Les intérêts de la livraison silencieuse de nuit se situent aux niveaux urbanistique, économique, et fonctionnel.
Développer une chaine du silence pour les opérations de distribution est un des moyens pour déployer un système logistique plus

Constat

  • Principe de base :
    Le principe de base est de livrer le moins souvent et lors d’une opération de rester le moins longtemps possible. Un principe qui se décline tant pour des opérateurs que pour une collectivité. Ce principe est vrai à énergies égales, à modes de transport comparables et pour un volume donné.

Propositions portées par les entreprises du club Déméter :

  • Accompagner des solutions organisationnelles innovantes :
    Energies alternatives : l’utilisation du gaz pour les transports de voyageurs n’est pas si nouveau mais pour les marchandises si, cela se développe.
    Des indicateurs de suivi sur la performance des livraisons urbaines
    Mutualisation entre chargeurs
    Formation des opérateurs
    Livraison de nuit
  • Livraison silencieuse voire sa labélisation :
    Livrer sans bruit en horaires décalés se fait au travers d’un process complet visant à réduire tous les pics de bruit ; en travaillant sur les bruits pour les limiter, on peut aller en cœur de ville la nuit pendant que les gens dorment, dans des quartiers résidentiels.
    La contribution au trafic est minimisée, les vitesses commerciales sont supérieures. On peut même venir avec des camions plus gros. L’intérêt de ces pratiques pour les entreprises et les collectivités a été démontré et mérite d’être encadré pour en tirer tous ses bénéfices ; C’est notamment le travail de l’association Certibruit qui promeut aussi cette pratique par l’intermédiaire d’un label garantissant des opérations inférieures à 60db. En effet, rappelons que le camion n’est qu’une partie de la chaîne du silence qu’il convient de déployer (hayon, palettes, radio, emballages par exemple).
  • Expérimentation à Bordeaux :
    Une expérimentation avec la métropole a été réalisée sur vingt sites pilotes et analysée au travers de six indicateurs (le CO2, les particules, le bruit, la productivité, l’encombrement de la voirie, et le service). Sur l’ensemble de ces indicateurs, l’impact est positif :
    Réduction des émissions de GES (de 3 à 18% en fonction des cas),
    Réduction des émissions de particules de 3 à 4% (c’est le minimum car ce sont des estimations basées sur des données constructeurs),
    Des mesures de bruits confirment le seuil retenu de 60 DB,
    Amélioration de la productivité (mesurée par la vitesse commerciale),
    Réduction de l’encombrement de la voirie mesurée par le nombre de mètres carrés par minute que l’on met en ville.
    On constate également une amélioration du taux de service, cher aux entreprises
    La pratique a donc des intérêts pour l’ensemble de la collectivité.
    Toutefois, il apparait évident que la livraison de nuit n’a pas vocation à être développée pour l’ensemble des points de vente ; tous ne sont pas en mesure d’accueillir des flux la nuit.
  • En résumé : Un intérêt fonctionnel, urbanistique et économique sous réserve d’un encadrement fort :
    Un intérêt fonctionnel : plus de fluidité et meilleure répartition de l’occupation de la voirie.
    Un intérêt urbanistique : la sécurité est améliorée et la pollution est minimisée.
    Un intérêt économique : des coûts acceptables et des conditions de travail pour les conducteurs livreurs moins stressantes.
    Il y a donc un bénéfice socio-économique à aller chercher à condition toutefois d’avoir un fort encadrement (formation, véhicules spécifiques voire labélisation des points de vente).