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Institut des territoires

Franck Gintrand, Président

gintrand

L’Institut des territoires est dédié à l’étude et à la promotion de la Valeur Ajoutée Territoriale dans tous les secteurs de l’économie, considérant que le potentiel économique des territoires est aujourd’hui sous-estimé.

Il faut surtaxer la périphérie sinon pour trouver l’argent indispensable à la reconstruction des centres-villes

Constat :

  • Des externalités négatives générées par le commerce de périphérie :
    Les grandes surfaces annexent un secteur qui génère du trafic. La périphérie génère des externalités négatives, des coûts qui ne sont pas payés par les opérateurs économiques eux-mêmes mais qui se répercutent sur la collectivité.
  • Prendre conscience de la gravité sur ce qui est en train de se passer :
    Aux Etats-Unis, la crise des centres commerciaux préfigure ce qui pourrait se passer en France même si les différences culturelles sont encore grandes.
    Une prise de conscience de la gravité de ce qui est en train de se passer est salutaire. Il ne faut pas rester sur l’exemple parisien car on pense que quand cela va bien à Paris, cela va bien en Province. Les villes moyennes sont en état de souffrance
    Cette prise de conscience passe par des prises de parole courageuses comme celle du président de Monoprix, Régis Schultz qui dénonce un problème de multiplication des périphéries, ce qui est suivi dans les faits par les Galeries Lafayette.
  • Ne pas penser que l’on est à la fin d’un cycle :
    Tandis que l’on prédisait un crac il y a cinq ans, la bulle n’explosera pas car les taux d’intérêt ne remonteront pas. Les acteurs de l’étalement commercial pourront continuer à emprunter à des taux intéressants.
    Aux Etats-Unis, dans les dix ans qui viennent, les nouveaux centres commerciaux ressembleront à des villes. Les sociétés d’immobilier commercial commencent à mettre du bureau, puis agrègent du logement. Ce qui est en périphérie aujourd’hui peut devenir de la ville nouvelle comme aux Etats-Unis.
    En France les zones commerciales se lancent dans une course à la taille avec une augmentation des opérations prévues. Il est prévu globalement moins de mètres carrés mais des opérations plus grosses à l’image du projet Europacity.
    Bien qu’il y ait une prise de conscience, le phénomène ne va pas s’arrêter de lui-même, il n’en est qu’à ses débuts. L’atout du patrimoine n’a pas suffi en France. Les US dessinent des scénarios possibles à prendre très au sérieux, notre tradition européenne n’étant pas éternelle.
  • Un nécessaire arrêt de la création de zones commerciales sans quoi personne n’investira en centre-ville :
    Le centre-ville coûte beaucoup trop cher alors qu’une boîte en plein champs coûte beaucoup moins cher. Il ne faut pas se prendre au piège du chirurgical et être ferme sur cette question.

Les propositions :

  • Surtaxer la périphérie :
    On ne réussira pas à reconstruire les centres-villes sans argent et cela va coûter très cher à l’heure où les finances publiques sont en difficulté. Il n’y a qu’une solution qui est de surtaxer la périphérie sinon on ne trouvera pas l’argent indispensable à la reconstruction des centres-villes, puisque la règlementation dans certains cas est inopérante.
    Il faut que les élus prennent conscience qu’il n’est pas nécessairement bénéfique pour le développement économique local de faire des équipements culturels coûteux. Les élus ont pensé à faire comme le Guggenheim à Bilbao. Ces échecs ont coûté des fortunes alors qu’une réflexion sur le développement économique local aurait permis que tous les efforts des élus locaux soient concentrés dessus. L’argent n’est pas uniquement celui de la taxation mais celui de la création de richesse.
  • Surpondérer l’avis des villes périphériques dans les CDAC :
    Il n’est pas normal que l’avis des villes de centre soit surpondéré dans les CDAC. Dans la logique actuelle, même si 90% des collectivités du territoire ne souhaitent pas l’implantation d’un centre. Il n’est pas normal que l’on puisse assister à ce genre de scénario.